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Les chercheurs ont étudié l'évolution des baobabs sur une très longue période, en utilisant des archives du parc et en rééchantillonnant d'anciennes populations de baobabs étudiées entre 11 et 53 ans auparavant. L'objectif était de savoir si les éléphants provoquent une mortalité croissante des baobabs et si certains milieux permettent aux arbres d'échapper à cette pression.
Le résultat principal est assez frappant :
- Depuis 1992, la densité d'éléphants est passée d'environ 1 à plus de 2 éléphants/km².
- Pendant la même période, la mortalité des baobabs a augmenté.
- Les baobabs situés sur les terrains plats près des rivières sont les plus vulnérables.
- Leur mortalité annuelle atteint environ 3,8 % dans ces zones.
- À l'inverse, dans les collines éloignées des eaux permanentes, elle n'est que d'environ 0,2 %.
Pourquoi les éléphants tuent-ils les baobabs ?
Les éléphants enlèvent l'écorce et peuvent surtout creuser profondément le tronc pour atteindre et consommer le tissu interne (le bois/pith). Le simple écorçage ne tue généralement pas le baobab, car celui-ci est capable de régénérer son écorce. En revanche, lorsque les éléphants creusent suffisamment le tronc, celui-ci peut devenir instable et l'arbre finit par s'effondrer et mourir.
Une découverte importante : le relief protège les baobabs
L'étude montre donc que les éléphants ne constituent pas nécessairement une menace uniforme pour toute la population de baobabs.
Les collines et terrains rocheux constituent des refuges naturels : les éléphants y ont davantage de difficultés à exploiter les arbres. La distance par rapport à l'eau joue également un rôle.
Les auteurs concluent ainsi que les baobabs de Gonarezhou ne semblent pas actuellement menacés de disparition locale, parce qu'une partie de la population bénéficie de ces refuges dans les collines. En revanche, les populations de baobabs situées le long des rivières pourraient ne pas se maintenir sans protection.
Le véritable problème à long terme
L'article insiste sur un point encore mal connu : la régénération des baobabs.
Même si certains arbres adultes survivent, le maintien de la population dépend de la capacité à produire de nouveaux arbres. Or le recrutement des jeunes baobabs est naturellement très lent et reste encore insuffisamment étudié.
En résumé : l'étude ne dit pas simplement « les éléphants détruisent les baobabs ». Elle montre plutôt une interaction entre densité d'éléphants, sécheresse, proximité de l'eau et topographie : les baobabs des zones plates et riveraines sont fortement menacés, tandis que les collines offrent actuellement un refuge naturel.
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L’étude « Limited Elephant Impacts on Baobabs Despite Increasing Elephant Densities in a Newly Established Protected Area », publiée dans Conservation Science and Practice le 30 mai 2026, analyse l’impact des éléphants sur les baobabs dans la réserve de Karingani, au Mozambique.
Les chercheurs ont notamment constaté que :
- les éléphants utilisent les baobabs pour accéder à l'eau et aux nutriments, notamment en arrachant leur écorce et en creusant les troncs ;
- dans la réserve de Karingani, l'impact global sur les baobabs reste relativement faible par rapport à celui observé dans le parc national Kruger, où la densité d'éléphants est plus importante ;
- les baobabs situés sur des terrains plus pentus semblent mieux protégés contre les dégradations ;
- les baobabs sont davantage présents à proximité des points d'eau permanents, ce qui les expose aussi davantage aux éléphants.
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Le baobab “Nguy Ndemba” de Birkelane, considéré comme un élément important du patrimoine culturel et thérapeutique de la région de Kaffrine (centre), garde l’empreinte du passage de Maïssa Wally Dione, premier roi du Sine. Malgré son aura, résultat de sa dimension spirituelle conformée par une histoire singulière, ce géant demeure dans l’ombre.
Situé à la sortie du village, dans le quartier de Thiérère de Birkelane, le site historique “Tuurub Nguy Ndemba”, qui abrite ce baobab, impose sa silhouette majestueuse au milieu des champs de mil et d’arachide verdoyants en cette fin l’hivernage.
À côté, deux jeunes baobabs s’élancent, tandis que le vieux tronc, malgré ses trois siècles d’existence, continue de donner de nouvelles pousses.
Considéré comme un patrimoine culturel immatériel, l’arbre est estimé à plus de 300 ans, selon Malick Ndiaye, conservateur du site, qui en transmet l’histoire avec passion.
Trouvé assis sur sa chaise dans le quartier de Thiérère, M. Ndiaye raconte avec passion l’histoire de cet arbre dont la mémoire se transmet de génération en génération.
”Ce baobab date de plus de 300 ans, du temps de Maïssa Wally Dione, premier roi du Sine”, raconte-t-il, évoquant le passage du souverain venu du Baol en route vers le Saloum.
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Tsi-takatra-antsa, Tsitakatsantsa : LE baobab géant du village d’Andombiry, au Nord-Est de Morombe. Je ne l’aurai donc jamais rencontré de son grand vivant, comme tous ces monuments dont on se dit «J’irai demain».
Par je ne sais quelle intention, j’avais rédigé la note ci-dessous voilà bien des années. Bien peu d’années en fait au regard de l’espérance de vie millénaire de ces arbres majestueux. Les scientifiques avaient annoncé sa mort irréversible dès 2025 et les mêmes prédisent que d’ici deux ou trois ans, il sera retourné à la terre.
Privilège paradoxal que le nôtre de vivre la mort d’une force de la Nature, témoin silencieux d’un millénaire dont notre petitesse humaine ne saura rien. Ah, si seulement Tsitakatsantsa pouvait parler. Ç’aurait été formidable alors que son nom signifie qu’on ne s’entend pas chanter à son pourtour et que donc la tradition orale pouvait s’égarer le temps d’un périmètre.
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Un inventaire réalisé entre 2025 et 2026 a permis de recenser 2 773 baobabs dans l’Allée des Baobabs, à Morondava. Si les jeunes arbres sont largement majoritaires, leur présence repose encore en grande partie sur les efforts de reboisement, soulignant les enjeux liés à la régénération naturelle de ce site emblématique du Menabe.
Le renala domine largement le paysage
Au coucher comme au lever du soleil, l’Allée des Baobabs reste l’une des images les plus connues de Madagascar. Derrière ce paysage emblématique, toutefois, se pose une question essentielle : les géants qui font aujourd’hui sa renommée pourront-ils se renouveler naturellement dans les années à venir ? C’est l’un des enjeux auxquels s’intéresse l’ONG Fanamby, engagée dans la conservation de ce site à la fois touristique et environnemental. Pour mieux comprendre l’état de cette population, les équipes de suivi écologique de l’aire protégée ont mené un inventaire complet entre 2025 et 2026. Au total, 2 773 baobabs ont été recensés.
Sans surprise, l’Adansonia grandidieri, connu sous le nom de renala, domine très largement le paysage. Sur l’ensemble des arbres inventoriés, 2 705 appartiennent à cette espèce emblématique du Menabe. Les autres individus recensés se répartissent entre 31 Adansonia rubrostipa et 37 baobabs de l’espèce Adansonia za.
Une relève qui dépend de l’intervention humaine
L’inventaire met également en évidence une forte présence de jeunes baobabs. Quelque 2 279 petits arbres ont été comptabilisés, contre 257 individus de taille intermédiaire et 232 grands baobabs adultes. Ces chiffres pourraient, à première vue, laisser penser que le renouvellement de la population est déjà assuré. Les observations réalisées sur le terrain invitent cependant à nuancer ce constat.
La majorité des jeunes baobabs recensés ne sont pas issus d’une régénération naturelle spontanée. Ils proviennent principalement des campagnes de reboisement menées ces dernières années. Autrement dit, la relève des grands arbres existe, mais elle dépend encore largement de l’intervention humaine.
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Des scientifiques ayant analysé l’ADN des emblématiques baobabs de Madagascar ont conclu qu’une espèce largement répandue, appelée Adansonia za, correspond en réalité à deux espèces. Ils rétablissent ainsi officiellement un nom attribué à cet arbre il y a plus d’un siècle, portant de six à sept le nombre d’espèces de baobabs indigènes de Madagascar.
Les baobabs — avec leurs troncs renflés et leurs branches en forme de parasol — comptent parmi les arbres les plus reconnaissables de Madagascar. L’île abrite six des huit espèces de baobabs connues dans le monde : une autre espèce pousse en Afrique continentale et une huitième dans le nord-ouest de l’Australie.
Malgré leur célébrité, des questions fondamentales concernant le nombre exact d’espèces de baobabs et leurs relations de parenté restent sans réponse depuis plusieurs décennies.
« Les baobabs, du genre Adansonia, figurent parmi les plantes les plus emblématiques et les plus importantes sur le plan écologique de Madagascar », expliquent la Dre Nisa Karimi, du Missouri Botanical Garden, et ses collègues.
« Huit espèces sont actuellement reconnues dans le genre. Une espèce est limitée au nord-ouest de l’Australie (Adansonia gregorii), une autre à l’Afrique continentale (Adansonia digitata), et six sont endémiques de Madagascar : Adansonia grandidieri, Adansonia madagascariensis, Adansonia perrieri, Adansonia rubrostipa, Adansonia suarezensis et Adansonia za. Il est toutefois possible que Adansonia madagascariensis soit également indigène de l’île voisine de Mayotte, où des spécimens d’herbier sont connus. »
« L’histoire biogéographique et la diversification des baobabs ont déjà été étudiées à partir de données génomiques, mais les résultats étaient contradictoires et les échantillons provenant des différentes espèces de Madagascar étaient limités. »
L’analyse génétique révèle deux lignées
Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé une technique de séquençage ciblé afin d’analyser des centaines de gènes ainsi que les génomes complets des chloroplastes de baobabs provenant de différentes régions de Madagascar.
Les données génétiques ont montré que les populations d’Adansonia za du nord de Madagascar — longtemps considérées comme appartenant à la même espèce que les populations du sud — sont en réalité génétiquement distinctes de ces dernières.
Les baobabs du nord partagent davantage de matériel génétique avec deux autres espèces, Adansonia perrieri et Adansonia madagascariensis, qu’avec les populations méridionales autrefois classées sous le nom d’Adansonia za.
En raison de cette distinction génétique, mais également de différences observées au niveau de la structure des feuilles, des pédoncules des fruits et de la couleur des pétales, les scientifiques ont décidé d’élever la population du nord au rang d’espèce à part entière.
Ils ont ainsi réhabilité le nom Adansonia bozy.
Adansonia bozy : un nom vieux de plus d’un siècle
Le nom Adansonia bozy avait été proposé pour la première fois en 1910 par les botanistes Joseph Jumelle et Henri Perrier de la Bâthie, mais il n’avait jamais été maintenu comme nom d’espèce depuis.
Le spécimen type servant aujourd’hui à confirmer le nom rétabli avait été récolté en 1909 dans la vallée du Sambirano. Il est conservé au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris.
« Bien qu’Adansonia bozy présente des caractères morphologiques qui l’avaient conduit à être classé avec Adansonia za, il est en réalité plus étroitement apparenté à deux autres groupes du nord de Madagascar qu’à l’espèce avec laquelle il avait été synonymisé », explique la Dre Karimi.
Où trouve-t-on Adansonia bozy ?
Adansonia bozy est présent dans la région relativement humide de la vallée du Sambirano, dans le nord-ouest de Madagascar, dans la province d’Antsiranana.
Des populations pourraient également être présentes un peu plus au sud, notamment près de Marofandelia et sur les versants occidentaux du massif du Manongarivo.
Les chercheurs soulignent également que des individus présentant des caractères intermédiaires pourraient être issus d’hybridations entre différentes espèces de baobabs.

Une espèce probablement menacée
La découverte a également une importante conséquence en matière de conservation.
Adansonia bozy pourrait être classé « En danger » (Endangered) selon les critères internationaux de conservation, notamment en raison de la destruction importante des forêts du bassin du Sambirano.
Cette déforestation est notamment liée à l’expansion des plantations de cacao et à la culture du riz sur brûlis.
« Compte tenu des menaces actuelles et de la taille des populations, ce taxon serait classé comme En danger selon les critères de la Liste rouge de l’UICN », indiquent les auteurs.
Traduit de l'article publiué sur www.sci.news
Nisa Karimi et al. 2026. Phylogenomic analysis of Madagascar’s baobabs reveals admixed populations and supports resurrection of a previously described species. Taxon 75 (4): e70176; doi: 10.1002/tax.70176
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Le baobab, Adansonia digitata L., est classé parmi les cinq espèces ligneuses prioritaires au Burkina Faso dont le paysage agraire montre une distribution irrégulière de cette espèce. Les principaux déterminants socioculturels de cette distribution demeurent cependant peu ou mal connus. Le but de cette étude est de caractériser la structure et les facteurs socioculturels qui déterminent la distribution du baobab dans le Centre-Nord et le Centre-Ouest du Burkina Faso. Les travaux ont été menés à travers des inventaires forestiers, des enquêtes socio-éco-nomiques et des observations de terrain sur les pratiques paysannes. Les résultats montrent qu’à l’intérieur d’un même terroir la structure du baobab varie en fonction du type de champ (case, village, brousse). La structure des diamètres épouse une forme en «L» dans les champs de case, une forme en «j» dans les champs de brousse et irrégulière dans les champs de village. Le baobab est considéré dans toute la zone d’étude comme une espèce maléfique abritant des génies, mais aussi en tant que plante alimentaire et médicinale de premier plan. Contrairement au Centre-Ouest, les produits du baobab sont largement utilisés dans l’alimentation et l’artisanat dans le Centre-Nord, où les populations l’entretiennent dans les champs de case et de village par la pratique de la régénération naturelle assistée. La faible présence du baobab dans le Centre-Ouest est en partie liée aux habitudes, au développement du maraîchage qui favorise la disponibilité de condiments alternatifs et aux perceptions que les populations ont vis-à-vis de cet arbre.
Lire l'article : https://revues.cirad.fr/index.php/BFT/article/view/20428
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La mort d’un monument végétal exceptionnel. Tsitakakantsa, le plus gros baobab jamais répertorié à Madagascar, a récemment perdu l’une de ses branches maîtresses. Un signe annonciateur de son déclin, déjà pressenti par un scientifique depuis l’an dernier. Vieux de 900 ans, cet arbre extraordinaire – qui est en fait une plante géante – est considéré comme sacré par les habitants des environs de Morombe, dans le sud-ouest de Madagascar, où il attirait des touristes depuis quelques années.
Tsitakakantsa est un spécimen unique de la forêt d’Andombiry, située à deux heures de piste de la ville de Morombe, dans le sud-ouest de Madagascar. « Sa taille est de 29 mètres de circonférence, ce qui est énorme », explique le biogéographe Cyrille Cornu, spécialiste des baobabs de Madagascar.
« Son nom est très poétique, puisqu’il signifie en malgache "Si tu chantes d’un côté du tronc, ton chant ne peut pas être entendu de l’autre côté". C’est également un baobab sacré. Les habitants l’ont sacralisé quand ils se sont rendus compte en 2018 que c’était le plus gros. À chaque visite, il faut offrir du rhum, du miel quand on en a et d’autres présents pour pouvoir le voir et le toucher. »
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Madagascar abrite sept espèces de baobabs, dont six ne se trouvent nulle part ailleurs sur la planète. Bon nombre de ces arbres ont plus de 1 000 ans. Ces arbres millénaires sont devenus les symboles mêmes de Madagascar. Ils constituent également une mine d’informations pour la science du climat.
Imaginez ces arbres comme des classeurs contenant l’histoire du climat. Chaque année, lorsqu’un arbre grandit, il forme un nouvel anneau, et à l’intérieur de cet anneau se trouvent des empreintes chimiques qui révèlent la quantité de pluie tombée cette année-là.
Ces archives pourraient fournir à la société les informations dont elle a besoin sur l’histoire climatique de Madagascar. Mais jusqu’à présent, ces informations étaient cachées dans les troncs des arbres.
Nous sommes une équipe de paléoécologistes appliqués et de climatologues qui nous sommes donné pour mission de fournir le tout premier enregistrement des précipitations à partir des cernes des arbres reconstitué à partir des isotopes présents dans les anneaux de baobabs de Madagascar.
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