Voyage au Sénégal [pdf] - Michel Adanson (1757)

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Voyage au Sénégal [pdf] - Michel Adanson (1757)

Message par Baobablife » jeu. août 13, 2009 10:28 am

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L'auteur : Michel Adanson (1727-1806)


Michel Adanson est né le 7 avril 1727, à Aix-en-Provence. Deux ans plus tard, la famille déménage part s'installer à Paris. Bien que ses parents le destinent initialement à l'état ecclésiastique, il se tourne rapidement vers l'étude de l'histoire naturelle.

Il suit passionnément les leçons de botanique des Jussieu et de Réaumur, et est rapidement employé au Jardin des plantes.

Encore jeune, il décide de voyager, pour essayer de rapporter des connaissances inédites et apporter sa contribution à la science. Employé, grâce à son père, à un modeste poste de commis à la Compagnie des Indes, il s'embarque pour le Sénégal le 3 mars 1749. Y laissant une partie de sa fortune, il trouvera là le moyen de faire de nombreuses observations faunistiques, floristiques, météorologiques, géographiques et ethnographiques sur la région. Il devient en 1750 le correspondant de Réaumur à l'Académie des Sciences. Il lui envoie alors régulièrement ses très nombreux échantillons et spécimens.

Malade, il revient en France, après plusieurs mois de voyage, le 4 janvier 1754. Les derniers échantillons qu'il rapporte sont malheureusement détruits par les rigueurs du climat. Ses collections d'histoire naturelle sont considérables, dont un herbier de plus de 30 000 plantes. Il revient également avec une quantité extraordinaire de notes.

Il décide d'exploiter les collections et les notes rapportées du Sénégal. Il publie en 1757 Histoire naturelle du Sénégal, composé d'un récit de voyage et d'une partie consacrée aux coquillages. Cette publication lui octroie une certaine notoriété dans les milieux naturalistes et lui ouvre les portes de l'Académie des Sciences en 1759, et de la Royal Society en 1761.

En 1763 sort son ouvrage majeur Familles de plantes. Il y élabore sa méthode de classification naturelle, pour laquelle il prend en compte l'ensemble des caractères observés d'une plante. Il s'oppose en cela farouchement à Linné et à sa classification - basée uniquement sur les caractères sexuels- et qu'il juge artificielle. Il définit 65 critères différents (65 systèmes) dans lesquels il décrit les plantes. Bien évidemment, certaines plantes se retrouvent proches dans beaucoup de systèmes: il les rapproche pour donner alors 58 familles de plantes. Antoine Laurent de Jussieu reprendra ses travaux pour publier en 1789 Genera Plantarum. Des soucis financiers l'obligent, en 1765, à céder au Roi son cabinet d'histoire naturelle. Il se marie en 1770 avec Jeanne Bénard, dont il a deux enfants. Il divorcera en 1784, jugeant la vie familiale trop pesante et prenante par rapport à ses études.

Car son grand dessein, c'est la réalisation d'une œuvre colossale, une Encyclopédie analytique, universelle et méthodique (60 volumes de textes, 40 000 planches). Il présente son projet et son plan en 1775 à l'Académie des Sciences. Il souhaite décrire toutes les espèces animales et végétales connues. Ses confrères de l'Académie ne le suivent pas dans son projet - jugé trop vaste - , lui suggérant de se concentrer plutôt sur un thème novateur, et non de compiler des données déjà existantes. Adanson ne la publiera jamais, et laisse des manuscrits, exploités par la suite par les Jussieu.

La petite pension octroyée par l'Académie lui permet de vivre chichement. Il continue de publier pour l'Académie, pour le supplément de l'Encyclopédie de Diderot. Il donne également des cours d'histoire naturelle, chez lui. Mais la Révolution lui enlève ses revenus. Il vit alors dans le dénuement, se coupant du reste du monde et de ses élèves, mais continuant inlassablement à travailler et à produire des articles. Il meurt dans la misère le 3 août 1806, à Paris. Son seul souhait : "Il a demandé par son testament qu'une guirlande de fleurs prises dans les 58 familles qu'il avait établies fût la seule décoration de son cercueil" (Cuvier).


L'œuvre : Histoire naturelle du Sénégal

Le voyage qu'effectue Michel Adanson au Sénégal dure de 1749 à 1754. Touche à tout, tolérant, il s'intéresse à la faune et à la flore, mais aussi, chose rare à l'époque, aux autochtones. Il apprend même le wolof. C'est également l'un des premiers à utiliser le thermomètre de Réaumur pour faire des relevés de températures.

Son séjour lui permet d'amasser une quantité incroyable de spécimens, d'échantillons et de notes, qu'il envoie régulièrement en France, à Réaumur.

De retour en France, il souhaite composer un vaste ouvrage sur l'histoire naturelle du Sénégal. Finalement, seuls seront publiés le récit du voyage et un premier tome consacré aux coquillages.

Cet ouvrage, comprend deux parties : Voyage au Sénégal et Histoire des coquillages (190 p. + xcij-275 p.) et est illustré de 19 planches de gravures et d'une carte pliée générale du Sénégal -dressée et exécutée par Philippe Buache, géographe et cartographe français (en 1756).

La partie Voyage au Sénégal compte 190 pages. Il commence par y faire une très courte autobiographie de trois pages pour expliquer ce qui le pousse à voyager. Puis le récit commence. Il ressemble à un journal de bord. Le document n'est pas chapitré. Par contre, en marge sont mentionnés les dates et ce que l'on pourrait qualifier de titres, ce qu'Adanson souhaite mettre en valeur dans le texte. L'année 1749, année de la découverte, est décrite de façon détaillée, en plus de quatre-vingts pages.

Au fil du temps, le voyage est moins détaillé, la dernière année est traitée en une vingtaine de pages seulement. Il y fait des observations botaniques, zoologiques, climatiques, géographiques, mais aussi le récit de cérémonies ou le témoignage de coutumes, de pratiques artisanales ou agricoles. Le récit se termine par l'arrivée à Paris le 18 février 1754.

La deuxième partie Histoire des coquillages, contient :
- une préface (pp. iij-xxviij). Il justifie son choix de publier ses notes sur les coquillages, en expliquant que leur description n'avait jamais été faite. Et la somme des notes prises au Sénégal étant jugée trop énorme, il préfère les répartir en plusieurs parties, en commençant par les coquillages.

Il explique son mode de classement "naturel", où il essaie d'allier simplicité et méthode. "Plus nous voudrons imaginer ou combiner de systèmes, plus nous répandrons de ténèbres et d'obscurité dans nos connoissances. Fuyons donc ces froides & vaines répétitions qui n'offrent au public que ce qu'il a déjà vû sous mille formes: multiplions les observations, & non les systêmes & les livres, qui, à la confusion de l'histoire naturelle, ne font aujourd'hui qu'embrouiller la matière au lieu de l'instruire." (page xxij)

- une définition des parties des coquillages (et explication de quelques termes dont on s'est servi dans le cours de l'ouvrage) (pp. xxix-lx) Cette partie est un dictionnaire des termes qui seront utilisés dans le corps du texte: anatomie, reproduction, description, etc.

- une table des rapports ou des combinaisons autrement appelés systèmes ou arrangements méthodiques, que l'on peut faire sur les coquillages (pp. lxi-lxxxviij) Ces tables sont des clés de détermination. "Il n'est pas nécessaire de donner des exemples de l'utilité que retireront de cette table les personnes qui, sans avoir acquis une connaissance suffisante des animaux des coquilles, voudront ranger les coquilles de leur cabinet"

- une table chronologique des auteurs dont il est mention dans cet ouvrage (pp. lxxxix-xcij) Références bibliographiques à des informations déjà parues - une division générale de cet ouvrage (pp. cxiij-xcvj) Il distingue quatre grandes familles, divisés en genres: Limaçons Univalves (12 genres) (comme les ormeaux), Limaçons Operculés (9 genres) (comme le buccin), Conques Bivalves (7 genres) (comme les huîtres), Conques Multivalves (2 genres) (comme le taret).

- le texte proprement dit Coquillages pp. 1-275. Son analyse se base sur l'observation d'une part de la coquille (spires, sommet, ouverture, ligaments, couleur, variétés, etc.), et d'autre part de l'animal (tête, corne, bouche, yeux, pied, manteau, opercule, couleur, impressions musculaires, etc.) Il nomme les espèces nouvelles selon un système bien à lui. Il refuse d'utiliser des noms "significatifs", arguant qu'ils ne le sont plus si l'on découvre de nouvelles caractéristiques à l'espèce. Pour éviter toute confusion, il crée donc de toute pièce des noms, "courts et dans le goût de la langue dans laquelle on écrit", [& ] "fuyant les règles de terminaisons françoises & le génie de notre langue". Ainsi trouve-t-on des lifor, pamet, calcinelle et autre vagal. Une table des matières de 6 pages permet de retrouver les espèces d'après leur nom français ou latin.

- 19 planches de gravures cloturent le livre. Elles sont toutes signées "Dessiné et gravé d'ap nat par M. Th Reboul".

- une carte pliée générale du Sénégal est insérée en début d'ouvrage. C'est une sorte d'extrait d'une carte beaucoup plus importante et détaillée déjà existante.

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